Article réalisé par Jean-Christophe Faivre

L’Oncologie Radiothérapie est la spécialité qui consiste à soigner les cancers à l’aide des radiations ionisantes.

Une spécialité au cœur de la prise en charge des patients atteints de cancer

Plus de la moitié des patients atteints de cancer seront traités par radiothérapie  au cours de la prise en charge de leur cancer ; celle-ci trouve sa place à tous les stades de la maladie, du curatif pour le contrôle loco-régional des tumeurs et la survie globale au palliatif pour le contrôle des symptômes (douleur, compression…) quelque soit le type de cancer à quelques rares exceptions près. L’oncologue radiothérapeute participe à la prise en charge des tumeurs solides et à un moindre degré de quelques hémopathies.

Discipline transversale par nature, la radiothérapie est riche en contacts humains  et lieux de vie, à l’opposé de l’image déprimante que le grand public et certains médecins peuvent lui accorder.Les plans cancers successifs, actuellement le 2éme plan cancer 2009 – 2013, placent la cancérologie au cœur des problèmes de santé publique et promettent de belles perspectives pour les jeunes oncologues. La cancérologie, et de surcroît l’oncologie radiothérapie, se veut être une approche et un mode d’exercice pluridisciplinaire, notamment au cours de réunions de concertations pluridisciplinaires : oncologues médicaux, onco-hématologues, spécialistes d’organes (pneumologues, hépato-gastro-entérologues, neurologue…), chirurgiens à orientation oncologique, anatomopathologistes, radiologues, médecins nucléaires. 

Figure : Appareil de traitement en modulation d'intensité - RapidArc

Devenir Oncologue Radiothérapeute, c’est rester clinicien à part entière et être partie prenante dans l’accompagnement du patient et de sa famille au cours des traitements ; c’est également travailler au carrefour entre médecine, technique et humanisme.

 Des techniques innovantes et pointues

 Des techniques de pointes telles que la radiothérapie conformationnelle en 3 dimensions (RC3D), la curiethérapie, la radiothérapie conformationnelle en modulation d’intensité (RCMI) et l’arcthérapie volumique dynamique, la radiothérapie guidée par l’image (RTGI) et l’imagerie embarquée, la tomothérapie, le cyberknife et tracking de la tumeur, la radiothérapie en condition stéréotaxique (RCS), la radiothérapie adaptative, la radiothérapie peropératoire (RTPO) sont en plein essor, bien qu’encore en cours d’évaluation pour certaines. Elles connaissent actuellement un développement considérable dans les plateaux technique de radiothérapie. Elles permettent d’élargir les indications de la radiothérapie à des tumeurs autrefois non irradiées. 

 

Figure : Appareil de radiothérapie stéréotaxique - CyberKnife. 

D'autres techniques innovantes telles que la protonthérapie et l‘hadronthérapie sont à l’étude. Elles devraient connaître un développement en pratique clinique en France dans la décennie à venir. Les progrès réalisés ces dernières années portent sur l’ensemble des aspects thérapeutiques à savoir l’informatique, l’imagerie, la planification du traitement, la radiophysique ; mais aussi sur la radiosensibilisation par chimiothérapie, hormonothérapie ou thérapies ciblées et les soins de support.

 

Une discipline résolument tournée vers la recherche clinique et fondamentale 

Plus d’un siècle après la découverte des rayons X par Roentgen en 1895 et son utilisation par Pierre et Marie Curie, que de progrès accomplis dans leur utilisation comme arme thérapeutique anticancéreuse ! D’importants progrès diagnostiques et thérapeutiques vont apparaître dans la pratique clinique quotidienne future. L’oncologue radiothérapeute a également le devoir d’être audacieux et ambitieux : continuer à optimiser cette arme anticancéreuse est une nécessité.

L’Oncologie Radiothérapie est l’une des spécialités où la recherche médicale, qu’elle soit fondamentale ou clinique, est l’une des plus dynamique ; les internes et jeunes médecins y jouent un rôle important en réalisant inclusion, prise en charge et suivi des patients dans les nombreux essais cliniques ouverts en cancérologie.

 

 

 

 

Figure : Dosimétrie réalisée en modulation d'intensité par Tomotherapy

Des modes d’exercices variés adaptés à chaque style de pratique

L’Oncologie Radiothérapie est une spécialité qui peut s’exercer aussi bien en secteur public que libéral ou encore l’association des deux. Les lieux d’exercices, sont eux aussi variés, Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC), CHU, CHG et cliniques privées. Le statut des Centre de Lutte Contre le Cancer représente une particularité dans le maillage des structures de soins sur le territoire français, regroupés au sein de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC). Ils offrent une structure de soins singulière et complexe centrée sur la prise en charge des malades atteints de cancer.

La formation

Un post-internat est également conseillé pour approfondir ses compétences théoriques et pratiques. Il existe également une dynamique forte des associations des jeunes oncologues radiothérapeutes, qu’elles soient locales, inter-régionales ou nationale, pour promouvoir et développer la formation initiale des internes. Plus de 150 internes sont actuellement en formation dans notre spécialité ; son engouement va croissant de part son dynamisme et sa politique volontariste de communiquer les attraits de notre discipline. Le déficit actuel de radiothérapeute tant en terme de démographie médicale (départs à la retraite) que d’augmentation de l’incidence des cancers ouvre des perspectives importantes pour les jeunes générations de médecins.

La semaine type d’un interne en Oncologie Radiothérapie 

L’activité d’un interne en radiothérapie se partage entre activité ambulatoire sur le « plateau technique », la plus importante en terme de temps, et une activité d’hospitalisation conventionnelle. Au cours de son internat, l’interne acquiert progressivement des responsabilités importantes dans la prise en charge et le suivi des patients. Les différentes facettes de l’activité d’un interne de radiothérapie peuvent être les suivantes :    

 - Une activité de consultation initiale : premier contact avec le patient avec réalisation d’un bilan d’extension et décision de traitement, généralement aux côtés d’un sénior permettant un réel compagnonnage de l’interne.

- La participation aux Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP) : étape clef dans la prise en charge du patient, elles permettent aux internes de présenter les dossiers des patients dont ils réalisent la prise en charge et de participer activement à la réflexion et aux décisions diagnostiques et/ou thérapeutiques.

- Des activités médico-techniques importantes : centrage et simulation grâce au scanner d’acquisition. Contourage (ou délinéation) des volumes tumoraux à irradier et des organes à risque sur ces images scannographiques de simulation (acquisition) parfois complétées par l’imagerie IRM et PET-scanner, avec le choix des plans de traitements et de la balistique. Mise en place et Matching : vérification du repositionnement du patient dans la position désirée pour le traitement grâce à l’imagerie des faisceaux. Contrôle qualité et sécurité  qui prennent une part de plus en plus importante dans l’activité de l’oncologue radiothérapeute. L’interne en radiothérapie est aussi amené à travailler au bloc de curiethérapie pour la réalisation des traitements correspondants et y réaliser des gestes médicaux.  

- Une activité de consultation de suivi du traitement de radiothérapie où l’interne est rapidement autonome.

- Une activité de consultation de suivi à long terme avec là encore l’encadrement d’un sénior.

- Un temps pour la formation universitaire : variable selon les services.

- Une activité de garde ou d’astreinte : intégration au pool de garde commun des urgences ou aux gardes d’étage dans les CLCC généralement.

La maquette du DES d’Oncologie

Elle comprend 3 options dont l’oncologie radiothérapie qui nous intéresse aujourd’hui. Sa maquette, complètement refondue en 2007, sur 5 ans, comprend 10 semestres.

- 4 semestres de Radiothérapie

- 2 semestres d’Oncologie Médicale

- 4 semestres libres dans d’autres spécialités ou DESC dans au moins deux disciplines différentes : 

     - 1 semestre d’imagerie est très vivement recommandé

     - 1 semestre dans l’une des spécialités suivantes est apprécié : médecine interne, hépato-gastro-entérologie ou pneumologie à orientation oncologique, médecine nucléaire.

Les autres semestres sont laissés à l’appréciation de l’interne.

Les DESC ouverts au DES d’Oncologie option Oncologie Radiothérapie

- DESC de cancérologie avec option traitements médicaux des cancers : il permet une formation complémentaire et transversale en oncologie avec l’obtention du droit de prescription des thérapies médicales du cancer : chimiothérapie, hormonothérapie et thérapies ciblées.

- DESC de Médecine de la Douleur et Médecine Palliative : il permet l’acquisition d’une formation complémentaire en algologie, soins de support et soins palliatifs qui représente une palette de compétence importante en cancérologie.

Quelques DU ou DIU peuvent également compléter la formation

DIU de radiobiologie – radioprotection, radiothérapie externe de haute technicité… et quelques autres suivant les aspirations de chacun.